3 juillet 2015

Bestiale tristesse colérique

Je sens mon sang bouillonné,
mes oreilles grondent,
mon nez siffle,
mon cœur bat vite,
ai-je encore un cœur ?
Je suis faite de lave, comme un volcan,
qui n'est ni en éruption, ni en sommeil,
il gronde, il menace,
comme moi qui sert les dents.
Je suis un lion en cage,
tous préfèrent que je miaule plutôt que je rugisse,
alors je pleure,
les yeux secs,
sur le point de hurler,
comme un loup son mal.
Je suis un tambour,
des sons forts frappent,
jusqu'à éclater,
tout bourdonne,
tout est à la fois puissant et sourd.
Sourd est le monde,
rugissantes sont mes pensées,
violence est le monde,
intolérance est l'autre moi.
Je tambourine à une porte close,
close par moi-même pour mon malheur.
J'aimerais pleurer,
mais pleurer n'est ce pas être brisé,
ou alors est ce remplir de larmes une fêlure pour la combler,
et ainsi être soulagé.
Sourd je suis, et aveugle aussi,
j'ai décidé de me murer,
de m’emmurer d'en une tristesse voilée,
par ma seule bêtise.
Bêtise humaine, disent-ils,
animale je répond.


Miss Avy